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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 08:35

la-gauche-doit-s-interroger-sur-le-desamour-des-ouvriers.JPG

Nos lecteurs et sympathisants fidéles se rappelleront du diner-débat organisé par l'association GPS avec comme support son livre "Recherche le peuple désespérement"

 

http://la-gauche-pour-sarreguemines.over-blog.com/article-succes-du-diner-debat-de-l-association-gps-47650218.html

 

Jean-Philippe Huelin n'a pas oublié Sarreguemines et nous transmet ses salutations à l'occasion d'un entretien dans le Monde et d'une note rédigée pour la fondation Jean-Jaurés- à trouver en annexes

 

 

"Bonjour mes amis de Sarreguemines et meilleurs voeux à vous,
Je me permets de vous envoyer ma note à la fondation Jean-Jaurès sur le vote ouvrier :  http://www.jean-jaures.org/Publications/Les-notes/Ou-en-est-le-vote-ouvrier
J'y joins mon entretien dans le Monde.
Bien cordialement,

JPH"

 

cliquer pour télécharger Où en est le vote ouvrier ?

 

cliquer pour télécharger la note de synthèse

 

Merci encore à Jean-Philippe et à André Tousch d'avoir transmis ces documents


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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 14:19

 

3eme_revolution-celeste-lett.jpg

(photo choisie par jean mayer- issue de http://www.moussnet.fr/php/forum.php?id=1.4431)

 

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.

 

Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance, nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.

 

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.

 

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

 

 

Franchement on s'est marrés.

Franchement on a bien profité.

 

Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.

 

Certes.


Nous y sommes. A la Troisième Révolution.

 

 

 

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.

« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

 

Oui.

 

On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).

 

Sauvez-moi ou crevez avec moi.

 

Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance. Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille, récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).

 

S'efforcer.
Réfléchir, même.

 

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d'échappatoire, allons-y. Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.

 

A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être.

A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore…

 

Fred Vargas

Archéologue et écrivain

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 13:39

 

 IMAG0160

Lorsque j’ai débuté la réflexion que je vous propose, il y a de cela quelques semaines, je ne pensais pas qu’elle pourrait revêtir une telle acuité ! Elle part de la constatation suivante : notre pays traverse actuellement une phase de son histoire assez particulière et, à bien des égards, irrationnelle. Or, si l’on sait ce qu’est le sarkozysme, sauf à ne vouloir rien voir, ce qui est intéressant et important c’est de savoir comment il a été rendu possible et quelles en sont quelques unes de ses conséquences. C’est là que l’actualité m’a rattrapé et même dépassé. L’analyse que je développe ne prétend évidemment pas à l’exhaustivité ni à la vérité – de cette dernière je me garderais bien ! Elle essaie simplement et modestement de rechercher et fournir quelques pistes. Elle se fonde sur le très remarquable travail du troisième tome de La naissance des démocraties de Marcel Gauchet, À l’épreuve des totalitarismes. Toutes les citations, sauf signalement inverse, sont donc de cet auteur. Néanmoins, il m’arrivera également de citer John Dewey et ce pour une raison très simple : cet éminent pragmatique américain ayant été utilisé par la droite sarregueminoise dans un « Reflets » passé, je regrette que, puisqu’elle semble l’avoir lu, elle n’en retienne pas mieux les leçons. C’est à se demander à quoi sert la culture si on ne s’en sert pas.

Le basculement qui a pu, à terme, conduire à l’avènement d’un mouvement tel que le sarkozysme, se produit selon moi, pour faire simple en espérant ne pas être simpliste, à la fin des années 60 et au début des années 70. En 1967, Daniel Bell (cité par Marcel Gauchet) donne une nouvelle définition de l’action publique : « chaque société », comprendre chaque nation, « est tenue de faire croître l’économie et, par conséquent, de planifier, d’orienter et de contrôler le changement social » (c’est moi qui souligne). Déjà, durant la même période, la justice sociale était devenue « une condition de la croissance » avec comme conséquence utilitariste et logique que « l’objectif de justice » se trouvait « déclassé par rapport à celui d’efficacité ». Mais avec cette redéfinition, c’est toute la philosophie de la construction sociétale de l’après-guerre qui est remise en cause. En effet, la préoccupation majeure de 1945 avait été de faire en sorte que les grandes crises économiques des années 20 et 30, qui avaient opportunément facilité la survenue du nazisme en Allemagne, ne puissent se reproduire. Il s’était donc agi « de remettre l’économie à sa place au sein du tout » :  il ne fallait plus qu’une « partie cruciale certes mais qui par sa nature » ne pouvait « constituer une fin en soi puisqu’elle est de l’ordre des moyens », que cette partie, l’économie, « dicte sa loi au tout ». Or,  conférer à l’État une obligation de croissance économique afin de diriger l’évolution sociale revenait inéluctablement à offrir à l’économie la possibilité de réinvestir le champ qui, par prudence et expérience, lui avait été retiré.

Sept ans plus tard, à l’occasion du choc pétrolier de 1974, le monde se trouve confronté à sa première grave crise économique de l’après-guerre. Cette crise marque la fin des Trente Glorieuses. À ce moment, « l’État organisateur », né des leçons de l’histoire, se retrouve en position d’accusé, pour cause de lourdeur et de lenteur, au regard de la vitesse des évolutions auxquelles il s’agit désormais de s’adapter. Résultat : alors que l’État d’avant-crise était encore « agence cognitive, politique, du changement social », il perd peu à peu ses prérogatives en la matière et « l’autorégulation (rentre) en grâce, comme la seule technique en mesure de répondre à cette accélération du devenir ». Dès lors le processus est enclenché : l’école de Chicago expérimente au Chili de Pinochet, installé avec l’aide précieuse de la CIA et des multinationales américaines ; Reagan et Thatcher dérégulent à tout va, deviennent les exemples à suivre malgré leurs échecs patents ; l’économique supplante le politique et, en son intérieur, s’opère un déplacement qui va s’avérer désastreux à plus d’un titre, de la production vers la finance. C’est désormais cette dernière qui dicte sa loi. Du coup, le travail qui était le principe fondateur de la production devient un moyen parmi d’autres de l’accroissement de la richesse de ceux qui détiennent le pouvoir financier. Ce retour au vieux clivage entre la capital et le travail, qui à mon sens n’a pas été assez souligné, n’est pas un retour à 1945 mais au XIXe siècle, quand le travail n’était pas en mesure d’assurer la socialisation de ceux qui n’ont que leurs bras à offrir. Terrible régression !

Le corollaire est l’affaiblissement du rôle de l’État, et partant de l’État lui-même, à l’inverse de ce que les constituants de 58 recherchaient. La structure étatique est attaquée de deux manières. Le législatif est éparpillé, divisé en autant de représentants que la nation se donne. Il se situe, dans la perception que nous en avons, un cran au-dessous de l’exécutif, plus facilement identifiable car plus compact. À l’inverse de l’exécutif dont la compacité est en outre proche de la représentation que se fait l’opinion de l’État, l’éparpillement et la division du législatif réduisent la puissance d’impact du groupe, sa force de détermination politique et de diction – dire et dicter. L’exécutif est ressenti comme un médiateur d’autant plus crédible qu’il a fini par peser fortement sur l’État, quand il n’en a pas investi les rouages. En comparaison de l’impuissance, largement démontrée par l’histoire, du législatif, l’exécutif fait figure de chaînon indispensable et insurpassable : il se confond avec l’État lui-même et, de ce fait, l’entraîne avec lui dans sa chute lorsqu’il entre en crise politique. Dans le même temps, l’exécutif diminue la capacité d’intervention et de projection, de gestion et de contrôle de l’État ; il limite, voire annihile, sa fonction de garant de l’égalité des citoyens. Cela s’opère de deux façons : il désigne le fonctionnaire comme nanti : il n’en fait pas seulement le bouc émissaire de ses propres incapacités mais, par là, il prépare simultanément l’opinion à une réduction du périmètre du service public ; il opère des coupes sombres et indifférenciées, aveugles en quelque sorte, dans les effectifs de la fonction publique, ce qui l’empêche de remplir sa mission tout en la livrant au mécontentement des citoyens. La manière dont cette politique est menée, ainsi que l’ignorance délibérée des contradictions qu’elle soulève, montre clairement son caractère exclusivement idéologique.

Parallèlement, en France, le pouvoir se présidentialise, c’est-à-dire se personnalise. Cette révolution répond au départ à une triple nécessité : remédier aux limites de la représentation ; adapter l’État à son rôle dans la conduite de l’économie et de la protection sociale, c’est-à-dire à la projection de plus en plus rapide de la société dans l’avenir ; améliorer la lisibilité de l’action politique pour « permettre aux citoyens de se reconnaître dans l’action du pouvoir qu’ils ont désigné » : le « principe de personnalité se révèle indispensable à la ressemblance du pouvoir et du peuple ». La conséquence immédiate est que le déplacement du « principat » du législatif vers l’exécutif et, spécialement, vers un seul homme, transfère aussi l’obligation de réussite vers cet homme, ce qui, en soi, recèle de redoutables dangers liés à la nature de l’individu comme terme générique. Autrement dit, se qui pouvait se relativiser, se disperser dans le groupe est ici concentré sur un seul. Une autre conséquence est que l’exécutif se voit concéder la primauté sur le législatif. La loi, ou « l’ordre selon la loi », qui fondait la norme républicaine, est supplantée par « l’organisation du changement », par une projection adaptative constante, soit une forme d’instabilité en quelque sorte institutionnalisée. L’on passe, selon la catégorisation de Bertrand de Jouvenel, de la « nomocratie » à la « télocratie ». Au surplus, ce qui est encore la concrétion de l’image, celle de l’homme seul comme référence de la collectivité, prend le pas sur l’abstraction de la loi, et incidemment du pouvoir, au nom du principe suivant lequel « la loi la plus générale a besoin d’une certaine dose de particularisation pour être appréhendée par les citoyens ». Où l’on voit les potentialités perverses que contient ce schéma.

Notre République a beau continuer à soutenir que « seule la règle élaborée en commun peut valablement commander », il n’en reste pas moins que la loi n’est plus première dans ce qui organise l’ordre de la cité ; et l’élaboration en commun vient de subir un sérieux accroc. Elle s’en retrouve d’une certaine manière dévalorisée : de fondement elle devient instrument, un des instruments parmi d’autres qui permettent d’organiser le changement par adaptation aux besoins. La loi perd sa « sacralité » et devient relative, ce qui est lourd non seulement des abus futurs, mais aussi de l’irresponsabilisation des hommes politiques : il y a, sous-jacente, la perte globale de l’exemplarité. Grande est par ailleurs la tentation de légiférer non plus pour le bien commun mais pour l’opinion commune qui adoube le président. Les lois d’opinion, ou d’opportunité, trouvent ici aussi leur origine. Elles conduisent tout droit au populisme qui, lui non plus, ne saurait constituer une politique.

La présidentialisation crée une image qui s’attache à celui que le suffrage universel a désigné. Mais le principe va se renverser. Sous la pression de la médiatisation des sociétés, au travers des modes traditionnels mais surtout des technologies nouvelles et en particulier de la télévision, l’image va finir par précéder l’homme politique : la forme s’impose au fond, l’apparence au contenu. L’enjeu n’est plus primordialement de proposer des solutions crédibles à l’organisation de l’avenir, et accessoirement aux problèmes d’actualité, ni de mettre en œuvre ses propositions si d’aventure l’on est élu, mais de savoir se présenter. La cravate et le verbe valent mieux que les modalités d’une réforme fiscale ! « La scène publique laisse la place à l’écran public » (Paul Virilio, Ce qui arrive) : la vie de la société se réduit à la dimension de l’écran, de l’image, d’où une limitation drastique de l’espace-temps public, qui génère elle-même une accélération mais aussi un rétrécissement de l’information, donc de l’évènement. On passe à autre chose et on oublie. Il faut par conséquent une répétition évènementielle, la répétition se substituant à l’importance intrinsèque, pour que le fait (re)prenne sa dimension. Nous sommes dans cette forme de société dont John Dewey prédisait la survenue, «  où le gouvernement serait assuré par ces promoteurs d’opinion professionnels qu’on appelle agents de publicité ». Tout cela ne va pas sans risques de graves malentendus.

Car si l’image prime, la marche des affaires n’en doit pas moins être assurée et les problèmes autant que faire se peut résolus. Cela signifie qu’en dépit de l’image les citoyens ont une attente : que ce qui les préoccupe trouve sa solution. Dans la gestion du courant, l’image résiste tant bien que mal. Mais si le courant résiste et que même la loi d’opinion s’avère impuissante ; si la projection adaptative ne projette plus ni n’adapte, alors qu’il ne reste plus qu’elle pour sauver la face ; si le mouvement et sa dynamique apparaissent comme dénués de sens car impuissants, alors ils se transforment en fuite en avant et deviennent inopportuns quoi qu’ils fassent. La cravate et le verbe finissent par se retourner contre leur détenteur qui, quoi qu’il dise, n’est plus crédible. Il l’est d’autant moins qu’il n’est plus capable, pour avoir trop joué avec les concepts, de distinguer le moral de l’immoral, l’acceptable et l’inacceptable, sans pour autant que la politique, la vraie, cesse d’être « immergée dans la morale » (John Dewey). Même le recours au bouc émissaire, traditionnel en l’occurrence, ne fonctionne plus. Pour avoir sacralisé le verbe, sa désacralisation n’en est que plus complète. L’image devient caricature et les citoyens ne se reconnaissent plus dans la personne qu’ils ont élue. La relation de confiance qui est au fondement du système est rompue  ̶  je pense définitivement en l’espèce.

Le problème, c’est que la caricature projetée par un homme se démultiplie sur l’ensemble de la classe politique, remarque étant faite quand même que la désaffection avait commencé avant 2007, à force de « plus c’est gros plus ça passe » ou de promesses qui « n’engagent que ceux qui les croient ». Aujourd’hui, au-delà de l’échec quasi-global d’une politique, l’action du pouvoir semble se résumer à l’effet d’annonce conjoint à une répétition mécanique de thèmes déjà marqués par l’erreur, à une impression d’instabilité, d’incapacité à persévérer, sauf dans l’erreur. L’action du politique ne se construit plus sur une promesse mais sur le mensonge, parfois la provocation, qui ont pris une dimension inégalée dans le discours politique ; se concentre, sur-médiatisation oblige, dans les compromissions, intérêts croisés, enrichissement personnel, proximité avec l’argent roi qui font apparaître les carambouilles du passé comme de l’amateurisme ou de l’artisanat. L’on est passé au stade de la professionnalisation : le phénomène dans son ampleur est récent, mais comme ses prémices sont anciennes, il rejaillit sur l’ensemble de la classe politique. L’on ne doit pas s’étonner, dans ces conditions, que les politiques soient devenus, dans l’esprit du commun, des politiciens « tous pourris » même si cela est très injuste et constitue une généralisation abusive : la « multitude », pour reprendre la catégorisation spinozienne, ne fait pas dans la demi-mesure car « il est conforme à la nature humaine de penser suivant les voies les plus simples » et « l’opinion populaire est peu troublée par des questions de cohérence logique » (John Dewey). Que dès lors et pour le moment Marine Le Pen caracole en tête des sondages n’est donc pas surprenant : l’opinion ayant peu de mémoire, elle a oublié les turpitudes de papa ; peu cohérente, elle n’assimile pas les frontistes aux « tous pourris ».

Lorsque le voile tombe et qu’il apparaît que l’apparence et la parole sont impuissantes, il n’y a que deux recours possibles : un parti traditionnel ou les extrêmes. Tant les uns que les autres participent aujourd’hui de la société de l’image : ce n’est donc pas ici que va se déterminer le choix. Celui-ci va dépendre de la « qualité de l’offre », telle du moins qu’elle est perçue par l’opinion – laquelle perception n’est pas forcément judicieuse mais là n’est pas le problème. Or tous les partis traditionnels apparaissent en situation d’échec, y compris ceux de gauche qui auraient pu constituer le recours logique face à la droite.

Il convient ici d’introduire une brève incise. Un parti est toujours usé par l’exercice du pouvoir, d’où la nécessité de l’alternance. C’est encore plus vrai aujourd’hui avec l’accélération prodigieuse du temps et de l’espace politiques, accélération dont il résulte que les réponses doivent être de plus en plus rapides tout en restant bien sûr adaptées. Elles se révèlent, par voie de conséquence, de plus en plus risquées, surtout lorsqu’elles sont idéologiques c’est-à-dire décalées par rapport au besoin réel. Il est curieux de constater que la gauche a effectué cette forme de révolution copernicienne, qui lui a été d’ailleurs fortement reprochée ; que la droite l’avait réalisée par la socialisation de son action  après la traumatisme de 39-45, mais qu’elle a fait un retour marqué à l’idéologie au début des années 2000 et, surtout, à partir de 2007. Le temps de l’alternance devait donc, en théorie, représenter pour le parti qui a cédé la place un moment de reconstruction et de reconstitution. Mais, dans une société de l’image, de la sur-médiatisation et de la vitesse, dans laquelle l’existence est conditionnée par la visualisation, ce moment primordial et indispensable de reconstruction apparaît comme un moment de vide. Il s’interprète comme une disparition. Plus grave : les tensions nécessaires et normales qui naissent de la reconstruction des idées – sauf à imaginer une humanité monolithique  ̶  sont perçues, parce que représentées comme telles, comme des divisions archaïques et, au final, comme des divisions d’hommes, c’est-à-dire portées par des conflits, intérêts et ambitions personnels. Ce qui, il faut bien le reconnaître, n’est pas toujours faux.

Dès lors ne restent que les extrêmes. L’extrémisme de gauche a disparu ou, plus précisément, pour ce qui en subsiste, il est divisé en groupuscules non représentatifs et incapables de se réunir : l’histoire lui a été fatale. N’est donc plus présent sur la scène politique que l’extrémisme de droite. Il est d’autant plus vigoureux qu’il a été crédibilisé, en France, par la droite traditionnelle. Celle-ci, en effet, a accaparé son discours. Elle a jugé que les raccourcis populistes, aisément compréhensibles par l’opinion, pouvaient tenir lieu de politique et lui assurer l’avenir. Mais, la preuve en est faite,  c’est insuffisant pour gouverner, ce qui, au demeurant, devrait être de nature à faire réfléchir le corps électoral. Lorsque les illusions se sont effondrées ; lorsqu’il est apparu que les slogans, eux non plus, ne pouvaient valoir une politique – il n’était nul besoin de tenter l’expérience pour le savoir, la droite a repris la logorrhée extrémiste avec d’autant plus de violence et de conviction qu’il s’agissait pour elle de masquer ses échecs, sa vacuité programmatique donc idéelle, ses propres divisions d’hommes et, peut-être aussi, de se cacher à elle-même ce qu’elle est devenue. Car dire, comme cela est souvent répété à propos de la récupération des thèmes extrémistes, que l’électorat « préfère l’original à la copie » constitue une erreur d’analyse. Si tel était le cas, la droite aurait raté sa cible dès 2007, ce qui ne fut pas. En réalité l’électorat se tourne vers l’extrême droite parce que la droite est ressentie comme étant en situation d’échec et, surtout, d’incapacité. Comme, dans le même temps, elle a légitimé les thèses extrémistes en se les appropriant, une partie non négligeable de son propre électorat est elle-même passée à l’extrémisme, de même que les réactions de certains cadres montre que très peu les sépare de l’extrême droite – ce qui, pour nombre d’entre eux, ne serait jamais qu’un retour à la source ! La droite a dédiabolisé l’extrême droite. D’où l’extraordinaire responsabilité qui est la sienne et que, bien entendu, elle se refuse à reconnaître : si elle a pratiqué un exorcisme sur l’extrême droite, elle n’a pas exorcisé ses propres démons ! Cela n’est peut-être pas non plus un hasard.

Dans l’image, l’apparence emporte la conviction – ce qui est encore une dégradation du politique. Mais, dans ce processus, la conviction perd sa réalité, elle passe sur un autre plan : elle devient abstraite, comme devient abstrait tout ce qui se rattache à l’image en tant que façonnante, structurante, jusqu’à ce que cette dernière soit elle-même « pure représentation », c’est-à-dire rien d’autre qu’elle-même, faisant sens en elle-même. Du coup, elle génère l’irresponsabilité de celui qu’elle porte : la personne et sa personnalité se perdent dans l’image, il y a identification subjective de la personne à l’image, laquelle, par définition, est  irresponsable. Le phénomène dure jusqu’à ce que la réalité rattrape la représentation, ce qui est en train de se produire, au détriment du représenté pour la même raison que ci-dessus (l’original et la copie). Irresponsabilité d’un côté mais également, de l’autre, suppression de l’intermédiation. Celle-ci est le fait de l’extrême droite : l’image impose directement sa forme à l’opinion et les médiateurs habituels – les représentants  ̶  de notre système démocratique sont réduits au silence. Ils deviennent inexistants et ils n’ont même pas besoin d’être connus, encore moins reconnus : l’image seule compte et les représente. Les intermédiaires sont dépersonnalisés. « Quand le public est aussi incertain et obscur qu’il l’est aujourd’hui, et aussi éloigné du gouvernement, les chefs de parti remplissent le vide entre le gouvernement et le public ». Ce jugement ô combien prémonitoire, prononcé par John Dewey à la fin des années 20, devrait nous rappeler certaines « péripéties » de notre histoire passée, lorsque le lien direct, l’osmose entre le chef et le peuple furent un temps proclamés. Ce qui était aussi une illusion.

L’ultime question qu’il faut se poser est la suivante : l’advenue de la caricature était-elle inéluctable ? La réponse est clairement négative. Ce sont les hommes qui font l’histoire : elle ne saurait être déterminée, aucun principe essentiel de causalité ne saurait lui être attaché. La possibilité de la caricature est inscrite dans la constitution de 58, ainsi que dans la pratique qui en est résulté d’emblée du fait de la personnalité, et sans doute de la volonté politique, du premier président de la Ve République. Néanmoins, ni lui ni les rédacteurs du texte ne pouvaient  savoir, ni imaginer, que les évolutions des technologies de communication conduiraient à une telle hypertrophie de l’image au détriment, en dernière analyse, de la personne présidentielle. Il n’en reste pas moins que ce que nous vivons actuellement constitue une forme d’aboutissement : elle n’a donc été rendue possible que par la rencontre de deux lignes insérées profondément dans leur époque, celle de la multitude – terme très insatisfaisant mais que j’utilise par facilité de langage  ̶  et celle d’un homme. La coïncidence étant opérée, rien n’était encore joué car dans les deux cas, « le problème » pour le public comme pour l’homme, « dépend de l’intelligence et de l’éducation » et, par conséquent, « le gouvernement populaire », c’est-à-dire démocratique, « est éducatif » (John Dewey). Un public et un homme intelligents et éduqués auraient résisté à la dérive. Mais l’éducation a été sacrifiée par l’époque – il ne s’agit pas seulement là du problème de l’éducation nationale  ̶  et par l’homme de l’époque. Plus précisément, elle est devenue l’éducation d’une époque, d’où il résulte que l’intelligence, au sens de compréhension, est aussi celle de son époque. De ce point de vue, l’advenue du sarkozysme, ou de quelque autre mouvement similaire, était déterminée.

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 03:42

 

  Ren--Basset-recadr-.jpg

J’espère l’avoir montré dans ma dernière contribution sur ce site (Amalgames du 9 mars) : lorsque cela est posé a priori, c’est-à-dire en méconnaissance de cause, par un non politique, juger d’une arrière-pensée électoraliste relève en dernière analyse du mépris de l’homme politique. Reconnaissons que, dans cette dérive, la responsabilité de ce dernier est clairement engagée. Par contre, le problème se pose différemment lorsqu’un politique profère ce genre d’accusation à l’encontre d’un de ses concurrents.

Toute action politique est par définition électoraliste : elle est en effet censée être sanctionnée dans les urnes. Le « censé être » atténue ici la portée de l’affirmation car aujourd’hui, c’est une évidence, le mouvement électif, dans notre société de l’apparence et de la sur-médiatisation, est perturbé par nombre d’éléments extrinsèques qui n’ont que peu à voir avec le moment démocratique que constitue le vote. En conséquence, du fait de la possible sanction, le politique qui décide prend aussi un pari, donc un risque : selon la qualité de son choix il gagnera ou perdra des voix. Ce qui évidemment n’exclut pas le calcul électoraliste : l’on sait bien que les décisions ne relèvent pas toujours actuellement, c’est le moins que l’on puisse dire, de la recherche du bien commun mais du bénéfice politique personnel. C’est une des raisons de la crise du politique.

Dans le dossier Hambrégie, de telles accusations ont été portées contre nous, plus précisément contre la partie PS de la liste GPS, ce qui est une manière de désigner l’adversaire principal, par le non politique on l’a vu, mais également par les initiateurs du projet. À aucun moment, visiblement, ces derniers ne se sont avisés qu’ils émettaient ainsi l’aveu de leur propre échec. Car, par antithèse, nous affubler par dépit d’un calcul politique c’est reconnaître que Hambrégie est déjà, quoi qu’il adviendra, un échec politique. Or cela fait longtemps que nous sommes ciblés de la sorte, ce qui signifie que les initiateurs persistent et signent : une erreur est excusable, nous sommes hommes donc nous en commettons, mais poursuivre dans l’erreur ne l’est plus. À aucun moment, c’est ce que j’ai appelé la déshabitude de la démocratie, ni le non politique ni le politique ne se sont imaginé un seul instant que notre démarche pouvait résulter d’un processus démocratique. Lorsque nous l’avons engagée, faut-il le rappeler, aucun mouvement actif de refus ne s’était encore manifesté et l’ADPSE n’était qu’une structure dormante. Nous avons donc pris, sans en avoir la claire conscience il faut bien le dire, un risque et un pari objectifs : nous n’avions pas besoin de sentir le vent pour avoir une opinion tranchée. Les deux  initiateurs politiques du projet, ont eux perdu leur pari à la suite d’une grosse erreur de calcul. De surcroît, conjointement et communément, chacun d’eux à sa manière s’est placé volontairement en dehors du débat démocratique, ou l’a délibérément ignoré, ce qui dans le royaume de Nicolas Sarkozy est monnaie courante. Électoralement, ils y perdront sans doute l’un et l’autre, l’un peut-être plus que l’autre, et, si arrière-pensées électoralistes il y avait de leur part, le moins que l’on puisse dire est que leur portée a été mal appréciée. Pourtant, à Sarreguemines il n’y avait probablement pas grand risque à faire œuvre démocratique : peu de conseillers municipaux de la majorité sarkozyste auraient osé, même à bulletin secret, braver leur mentor ! L’occasion n’a même pas été saisie de sauver les apparences. Il y a décidément des choses politiques qui continuent de m’échapper  et, telles qu’elles sont, j’espère qu’elles m’échapperont encore longtemps.

Il apparaît donc que la démocratie dérange. Que l’on observe pour cela ce qui se passe au niveau national où l’UMP, et les médias acritiques à sa suite, ne cessent de marteler, dédaigneusement pour les premiers, au mieux sans commentaire pour les autres, que le PS n’a ni candidat ni programme pour 2012. Pour le candidat, c’est une « erreur » factuelle. J’utilise le terme d’erreur par facilité de langage car il va de soi que l’une comme les autres savent très bien à quoi s’en tenir sur le sujet : il y a des candidats déclarés et, pour ceux qui ne le sont que potentiellement, l’un se déterminera selon le résultat des cantonales, ce qui l’inscrit dans un processus démocratique, celui de la sanction d’une action par le vote ; les autres attendent, sous des formes diverses, les primaires qui, si elles sont réussies, seront un moment exemplaire de démocratie. J’aurai sans aucun doute l’occasion d’y revenir avant longtemps. Quant au programme, chacun sait qu’il est prêt ; qu’il a été élaboré au cours d’un vaste processus discursif et non dans le secret d’un boudoir élyséen, par une forme de garde rapprochée qui comprend un ancien rédacteur en chef de Minute, cet hebdomadaire à côté duquel le Front National fait pâle figure ; qu’il ne reste plus au candidat qui sera désigné qu’à le mettre en forme selon sa sensibilité propre et d’y apporter, c’est bien le moins puisque les institutions le veulent ainsi, sa marque personnelle. Mais l’UMP a-t-elle un candidat ? Pas à ma connaissance. J’en aperçois bien un, qui essaie de surnager désespérément dans des sondages calamiteux, qui parle et s’agite moins, mais ment toujours autant. Pour l’heure, cependant, il n’a rien dit, et il est tellement mauvais que, dans son camp, certains en sont à penser que son éventuelle candidature conduirait la droite au désastre. Problème : ils ne savent pas comment le lui dire. Et ce candidat virtuel, souhaité ou pas, a-t-il un programme ? En a-t-il d’ailleurs jamais eu un ? Alors messieurs de l’UMP, quoique sachant que ce n’est pas ce dont vous faites le plus couramment preuve, un peu d’honnêteté intellectuelle de votre part ne serait pas forcément malvenue !

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 20:06

ing save your money1

 

acceder au marché finacier

 

Notez que le slogan n’est pas « Save the world » ou « Save mankind » (sauvez le monde ou sauvez l’humanité »), mais bien sauvez votre argent !

 

Et comment ?

 

« En accédant facilement aux marchés financiers »

  Et encore « profitez des marchés »

 

profiter des marchés

 

On nous propose encore de nous prendre pour des traders à la Kerviel !

 

Au moment où il faut débloquer 85 Milliard d’Euros pour sauver les banques irlandaises, ne serait-il pas temps de mettre la finance internationale sous contrôle plutôt que de continuer à jouer aux apprentis sorciers ?

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 20:28

chomsky2.jpg

 

 

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. 

Nous la reproduisons ici. 

Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

 

Pour voir l'original cliquer :   http://www.mediapart.fr/club/blog/vincent-verschoore/011010/les-dix-strategies-de-manipulation-de-masse-noam-chomsky

 

 dormez-1.jpg

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 12:45

Ah ces plaques commémoratives !

Il était bien temps d’élever un monument en hommage aux « malgré-nous »,  surtout que Bliesbruck nous a devancé sur ce coup là. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Mais pourquoi là et pas dans le rond central ? Bon, on finira par oublier ce qui se trouvait là avant, à savoir la « caninette » !

Et puis la plaque pour Monsieur Jacobs dans la maison de quartier, bien bien.

Après le nom de M. Pax pour l’hôpital, il n’y a pas à dire, on ne mégotte pas sur l’hommage dans notre bonne ville.

Il n’y a qu’à voir l’hommage rendu aux soldats américains qui ont libéré la ville :

 plaque-americains2P1120864.JPG

 

 

C’est pas une plaque digne de l’évènement ça ? Sous la passerelle et cerclée de métal, bien en vue pour que le passant « se souvienne » et  « n’oublie pas ».

 

plaque-americains1P1120864.JPG

 

 

Et je ne dirai rien des amis à 4 pattes qui s’y arrêtent. Le lieu s’y prête si bien, discret et abrité.

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ecrit par le coupeur de cheveux en 4 - dans Contributions et Réflexion (s)
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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 01:02

france honteuse 4
(dessin de Waljé http://www.lepeintrewalje.be/ )

L’on s’inquiète beaucoup actuellement, et à juste titre, de la montée du chômage et donc, corrélativement, de l’insécurité personnelle qu’elle génère. Cela mériterait autre chose que le ridicule de l’hyper – qui l’est de moins en moins  ̶  président et de ses séides, qui furent plus discrets en janvier qu’en décembre. Mais un autre phénomène, en partie lié seulement au précédent, devrait nous interroger tout autant : c’est l’augmentation de la paupérisation, qu’il s’agisse des sans-emplois, des  travailleurs pauvres ou des retraités.

 

Je ne suis pas certain que les hommes se soient toujours engagés en politique pour défendre le bien public plutôt que leur intérêt personnel. Mais il me semble qu’une coïncidence entre les deux finissait par s’établir. Il y avait une action politique qui requérait opiniâtreté et compétence et la classe politique parvenait à obtenir des résultats. Aujourd’hui, sous l’effet de l’argent et des médias, la politique est devenue un miroir qui ne requiert que prestance et éloquence. Il en résulte que la classe politique ne sait pas quoi faire du chômage.

 

Il fut un temps où le travail assurait à l’individu sa place dans la société. Il n’y faisait peut-être pas fortune à tout coup mais il avait un toit et subsistance pour sa famille. Aujourd’hui, le travail remplit de moins en moins cette fonction : il y a des travailleurs sans domicile fixe. De la même manière, la misère des retraités des années 50, la guerre était passée par là, avait fini par être jugulée, à tel point que le "troisième âge" était devenu une cible publicitaire. A-t-on remarqué que ce genre de "spot" a disparu de nos écrans ? Serait-il devenu impudent ? C’est qu’une catégorie de retraités glisse à nouveau vers la pauvreté. Là aussi la classe politique est impuissante.

 

Pourtant, dans ces évolutions, la droite française a une responsabilité écrasante. Il est exact que, depuis 35 ans, notre pays n’a pas fait preuve d’une rigueur budgétaire exemplaire, se coupant ainsi de précieuses marges de manœuvre ; que, de 2000 à 2002 la tendance au creusement s’est accentuée en raison

de l’échéance présidentielle et, là, Lionel Jospin a été fautif ;

de l’épisode de la « cagnotte » dans lequel la droite politicienne a mené une campagne stupide et irresponsable qui a fini par faire plier un Jospin déjà affaibli.

Mais après 2002, les vannes furent largement ouvertes, jusqu’à mener la dette vers les abysses que nous lui connaissons. Depuis cette date, l’action politique s’est détournée de l’essentiel et s’est dispersée, au bénéfice des plus riches.

 

Techniquement, le jour viendra où il faudra remettre les comptes en ordre. L’on risque à ce moment-là de se retrouver dans une situation à la grecque si, Sarkozy ayant été balayé, d’autres doivent réparer la casse, sans aucune marge financière : face à l’inexorable rigueur, tout au plus pourront-ils rétablir la justice fiscale et essayer d’entraver, contre les règles européennes, la fuite des capitaux que les riches patriotes de droite, privilégiés du raffarinisme et du sarkozysme, ne manqueront pas de tenter. Dans l’hypothèse où Sarkozy, ou ses sbires, seraient maintenus, continueront-ils à épargner les classes dites supérieures (quantitativement, pas qualitativement) sans contrepartie aucune ? Car le bouclier fiscal a-t-il fait revenir Halliday et les capitaux placés à l’étranger ?

 

Humainement, en attendant, nous vivons dans une société qui exclut. La droite réfléchit-elle aux conséquences de cette situation ? Désocialisation individuelle, rupture du lien social collectif, misère morale, déchéance personnelle, absence d’avenir pour soi-même et ses enfants – ou impossibilité de fonder une famille, c’est-à-dire solitude contrainte  ̶   : autant de maux qui déstructurent notre société qui devient un espace d’injustice, d’aveuglement, de honte, voire d’ignominie. Au lieu de cela, un débat sur l’identité nationale : la belle affaire quand on déconstruit le ciment de notre pays !   Non, la droite ne réfléchit pas à cela, elle n’en a ni le temps – à quand la disparition du cumul des mandats ?  ̶  ni sans doute la volonté. En aurait-elle d’ailleurs seulement la capacité ? Cela n’est pas dans son ordre des choses. La constance avec laquelle elle s’enferme dans ses dogmes, malgré les limites qu’ils ont toujours montrées lorsqu’ils étaient appliqués ici ou ailleurs, est consternante. Que signifie cette persévérance ? L’on disait autrefois que la droite française était la plus bête du monde. L’est-elle redevenue ? On peut se poser la question quand on entend les remarques d’un Séguéla. Néanmoins, elle a aujourd’hui de sérieux compétiteurs pour ce rôle éminent : Berlusconi en Italie et, depuis Bush junior, les Républicains américains.

 

Et la gauche dira-t-on ? C’est elle qui risque d’être visée par le premier cas de la situation à la grecque ci-dessus : il lui faudra faire preuve, alors, d’énormément d’imagination et d’inventivité, tout en se montrant ferme. Peut-elle faire mieux ? Ce ne sera pas difficile. Cela dépendra aussi de ses choix. En tous cas, l’on peut toujours rêver d’une autre manière de faire de la politique, ou, plus précisément, d’un retour à ce que la politique n’aurait jamais dû cesser d’être.

René Basset

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 21:13


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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 14:13

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"Je suis contente pour les Français qu'ils aient mon mari."

Carla Bruni

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