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Qu’est-ce que la culture ?

 

                        Dans le développement ci-après, il ne sera question que de culture au sens le plus général du terme. En effet, à l’issue de mon raisonnement, si je suis à peu près certain que j’aurai réussi à les définir, je ne suis pas sûr, en revanche, que je saurais différencier clairement la culture dite savante de la culture populaire. Ensuite et surtout, parce qu’il me semble que toute expression culturelle dit quelque chose sur son époque, dans sa profondeur ou sa superficialité, sa difficulté ou sa facilité : on peut aimer ou pas mais on doit accepter et en aucun cas mépriser.

 

                        Se cultiver est un acte volontaire plaisant, quoique parfois difficile, effectué individuellement ou collectivement, afin d’acquérir un savoir dont on ne dispose pas encore. Ce savoir porte sur tout ce qui touche à l’homme et à son environnement. Le domaine culturel est donc illimité : de tout l’on peut faire une culture.

 

                        La culture comme acte volontaire individuel. Dans la mesure où l’on acquiert quelque chose de plus, la culture est extension de soi : qui se cultive enrichit ce qu’il est, et dépasse son statut individuel initial. Au surplus, il trouve dans cette acquisition des éléments qui vont le concerner directement, qui vont éveiller en lui des émotions et des idées qu’il ignorait posséder : la culture est facteur de connaissance de soi. Enfin le sujet trouvera dans cet acte une satisfaction personnelle, une fierté, qui construisent directement le respect de soi. Or dans le respect de soi commence le respect des autres. La culture est par conséquent un principe d’individuation, c’est-à-dire, pour faire court, de formation de la personnalité vers soi et vers autrui.

 

                        En tant que le sujet s’approprie quelque chose qui lui vient de l’extérieur, la culture est ouverture de soi, ouverture au monde. En s’appropriant une part du monde qui lui est extérieur, le sujet apprend à connaître c’est-à-dire à tolérer et à respecter ce qu’il y a « autour » de lui : la culture est un lien entre les hommes – pas seulement, mais ceci est un autre problème – par la connaissance d’un passé commun et par le fondement d’un avenir commun car aucun avenir ne s’édifie sans passé – ce qui signifie que les ruptures sont nécessairement des illusions. La culture est un ciment social dans lequel ceux qui vivent ensemble trouvent leurs racines communes, héritage et bien communs. Au-delà du « vivre ensemble », la culture est une passerelle vers les autres cultures, vers ceux qui vivent ensemble « ailleurs » : si ma culture est respectable, celle de l’autre l’est aussi.

 

                        Même appréhendée individuellement, la culture doit être un phénomène collectif, c’est-à-dire transmis, car une culture qui ne se véhicule pas est une culture morte, ou menacée de mort. La culture s’offre par nature ou, si l’on veut, par le simple fait qu’elle existe : elle est disponible pour qui s’y intéresse. Mais elle doit également être offerte par ceux qui en disposent, sous quelque forme que ce soit, à ceux qui ne la possèdent pas et s’y intéressent. Par ces deux aspects, la culture trouve son mouvement vital à double titre, pour elle et pour l’individu.

 

                        Il résulte de ces considérations que la culture est un des fondements essentiels de toute société et que, au même titre que l’éducation et la recherche, une nation qui la néglige, voire la sacrifie, obère gravement son avenir. Tout pouvoir doit, par conséquent, se donner les moyens de faire en sorte que la culture se transmette, s’exprime, s’enrichisse de la recherche de son passé et de créations nouvelles ; que ses administrés, qui l’ont mandaté, aient un accès égal, et au besoin aidé, à la culture comme source d’équilibre individuel et collectif. Certes, cela engage le budget des communautés. Mais d’une part, si le retour sur investissement n’est pas forcément chiffrable, il est incontestablement rentable en termes de paix sociale, d’intégration dans la cité, de convivialité et de qualité de vie : la culture doit rester en dehors de la traduction de tout en chiffres qui caractérise l’évolution actuelle de nos sociétés. D’autre part, les bonnes volontés – parfois intéressées mais peu importe : cela démontre la valeur du bien culturel et de son image – ne manquent pas y compris dans le domaine privé, ce qui permet, par des politiques raisonnables et attentives, respectueuses des intérêts des uns (le domaine public) et des autres (le domaine privé), de collectiviser les coûts et de réduire corrélativement les engagements respectifs. Dès lors, pour peu que l’on ne se cache pas derrière des faux-semblants, une politique culturelle vigoureuse, cohérente et ouverte devient non seulement nécessaire mais également possible

René Basset

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