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Les textes de cette rubrique reprennent les contributions et analyses de nos colistiers. Elles ne reflètent pas nécessairement les vues de chacun des autres membres. Elles sont le point de départ de notre réflexion collective pour proposer un programme cohérent et réaliste à nos concitoyens. Vos commentaires et propositions sont les bienvenus sur info@la-gauche-pour-sarreguemines.info

 

Habitat et architecture

 

Critique :

 

 

La Municipalité sortante a beaucoup fait ou laissé construire durant les cinq années de sa mandature. Nous prétendons qu’elle l’a fait en dépit du bon sens, c’est-à-dire hors de toute réflexion aussi bien globale que particulière. De surcroît, les notions d’espace, d’architecture, de style, ce qui donne une âme à une cité, lui sont visiblement étrangères.

Par ailleurs, Sarreguemines fait l’effet d’une ville sans devenir, sans ambition, ayant du mal à sortir de son quotidien et même, sous certains aspects, d’une ville qui périclite malgré les atouts qui sont les siens (proximité de l’Allemagne, de Strasbourg et de Metz, communication autoroutière notamment). Cet « essentiel de la ville » qu’est son centre, est en train de disparaître inexorablement sans que la question soit prise à bras le corps. L’accompagnement de ce qui se fait ou des opportunités qui se présentent ne suffit plus : il faut insuffler une nouvelle dynamique.

 

Nous nous proposons d’intégrer l’ensemble de ces éléments dans une politique raisonnée de l’habitat et de l’espace de vie.

 

 

Propositions :

 

1 – L’habitat collectif : il est inutile de revenir sur l’immeuble de la rue Saint-Exupéry. Tout a été dit sur le sujet et le Maire lui-même a reconnu son erreur. L’on peut toutefois se poser la question de savoir comment on en est arrivé là : si une politique claire avait été en œuvre, si des orientations précises avaient été données, un tel fiasco aurait été inimaginable. D’autre part, à l’angle des rues Foch et Clémenceau, la perspective s’estompait doucement  dans la descente des deux artères vers la Sarre. Aujourd’hui, un bloc de béton barre les deux lignes d’horizon et les deux arbres, replantés à la place des saules sacrifiés, semblent décidément bien malheureux. Au surplus, un immeuble est en cours de rénovation au 68 de la rue de France. La façade côté rue a été conservée et c’est heureux mais pourquoi avoir autorisé les fenêtres de PVC blanc ? De plus, a-t-on regardé ce qui se passait sur l’arrière du bâtiment ? Assurément non. C’est grotesque, cela n’a aucun sens architectural, comme si, par manque de ce minimum de réflexion, l’on voulait enlaidir la ville. Deux mots enfin de la médiathèque. Certes, le financement a été pris en charge par la CASC. En revanche, l’architecture, elle, s’intègre dans la commune, et pas n’importe où : il s’agit d’un bord de Sarre ! Néanmoins, s’est-on rendu compte

  • qu’une bâtisse résolument moderne avait été accolée, sur un côté, à un immeuble de ce style que nous appellerons sarregueminois ? Il fallait réserver une transition entre cet immeuble et le pignon de la médiathèque. La Chaussée de Louvain est désormais achevée : elle n’a aucune unité stylistique. N’aurait-on pu faire mieux ? Prenons en exemple l’architecture de la rue Roth, sur la rive d’en face (qui n’est contrariée « que » par le centre culturel) et l’on comprendra ce que nous voulons dire ;
  • de l’incongruité des panneaux blancs, du panneau jaune de « Simply Market », des parallélépipèdes qui surmontent l’ensemble ? La grande surface doit s’annoncer mais, pour autant, elle ne doit pas être autorisée à enlaidir la façade. Quant aux parallélépipèdes, quelle imagination architecturale ! C’est pourtant tellement simple …

 

En conséquence, si de nouveaux projets doivent se faire jour dans le périmètre traditionnel de la ville, la municipalité à majorité socialiste veillera au respect

·         du style local, au besoin stylisé pour les constructions neuves, qui conserve et donne son caractère, son originalité à la cité dans son périmètre traditionnel;

·         hors de ce périmètre, d’une esthétique et d’une unité dans la conception des immeubles qui devront en outre tenir compte de l’espace et de l’apport non moins nécessaire de lumière.

 

Nous pensons par ailleurs qu’un nouveau quartier est susceptible de naître autour de la caserne de gendarmerie du Champ de Mars. Cet espace sera aéré, paysagé, lumineux, original architecturalement, et devra comporter des « lieux de vie » collective, y compris culturelle,  visant non seulement à animer le site mais également à représenter un pôle d’attrait, donc d’extension de la vie de la ville qui, pour l’heure, se réduit à ses zones commerciales, ce qui est un comble, et à son centre mourant. Nous aurons l’occasion de reparler de ce dernier mais, déjà, observons ce qui se passe dans certaines villes : l’espace, toujours l’espace, qu’il faut aménager, donc voir où l’on peut aménager, c’est-à-dire quels sont les espaces disponibles dans le centre ou à proximité du centre, avec les contraintes liées à la rivière et, par conséquent, à la présence toute proche de l’eau. Premières pistes : les parkings de la Grande Armée, de la Poste.et de la rue de France (lequel est en partie défoncé : peut-on s’en contenter ? Apparemment oui, pour la municipalité actuelle). Deuxième piste : réfléchir à l’aménagement de la place de la Gare d’autant plus que l’on peut s’interroger (sans défaitisme car, au contraire, il faudra se battre pour une amélioration des liaisons) sur l’activité que la SNCF va conserver à Sarreguemines ; la place du Marché. Ces sites doivent servir de points d’ancrage à une organisation future, croisée, d’un centre ville agrandi et revitalisé.

 

Cette politique de l’habitat sera complétée par l’aménagement des espaces verts. Cela ne devrait pas être très compliqué : ils existent et il suffira de les améliorer (château, Beausoleil) ou de les agrandir (bord de Sarre grâce à la friche de la faïencerie). Nous estimons en effet qu’une ville n’est attrayante que lorsqu’elle est agréable à vivre : elle doit se faire une « réputation » par sa verdure et une offre de logement à la hauteur de ses ambitions : les nôtres ne sauraient se satisfaire des prévisions « sans grande perspective de croissance » de l’étude Sarreguemines 2010-2020. Si notre cité veut attirer des entreprises, y compris dans des domaines de haute technologie (recherche par exemple), elle doit se doter d’une image et, surtout, des équipements adéquats.

 

Cette politique se place dans une perspective de long terme parce qu’elle est ambitieuse et parce que les coûts sont à la hauteur de l’ambition. Comme il n’est pas question, dans notre esprit, d’entrer dans le jeu du Premier Adjoint qui estime, tout à trac et sans précaution oratoire, que « nos équipements sont durables et » qu’ « il est donc normal que les générations futures qui les utiliseront prennent leur part de financement », nous devons nous inscrire dans des échéances qui nous permettrons de ne pas endetter inconsidérément la commune, c’est-à-dire en restant dans la fourchette basse des villes comparables, laquelle est inférieure à l’endettement actuel de Sarreguemines : par une politique de démagogie fiscale, qu’il faudra payer un jour ou l’autre car il faut  toujours rembourser, le Maire UMP aura réussi à creuser la dette et à gager l’avenir.

 

 

 

 

2 – L’habitat individuel : une nouvelle théorie est appliquée depuis quelques années dans notre ville, c’est celle de la liberté d’orientation des bâtisses. Malheureusement, selon nous, le concept est mal réalisé parce que la notion d’espace n’est pas suffisamment prise en considération. Pour que cette idée fonctionne correctement et donne des résultats convenables, il faut éviter la sur-occupation du terrain, c’est-à-dire implanter les lots sur des surfaces suffisantes, aérant l’entrecroisement des lignes. Or, ici, l’on semble vouloir rentabiliser au maximum le sol pour satisfaire un maximum de clients au détriment de l’esthétique et, forcément quelque part, de la qualité de vie.

Une seconde constatation, liée au demeurant à la rentabilisation des sols, réside dans le fait que les lotissements sont des entassements de maisons individuelles. D’une certaine manière, l’on est en train de refaire avec ce type d’habitat ce qui a été fait entre les années 50 et 60 pour réduire la crise du logement : on construit en empilant. Certes, le niveau de vie s’est amélioré pour la majorité des citoyens, le rêve du pavillon individuel se réalise, l’on est propriétaire de son bien et, de ce fait, les conséquences ne seront pas les mêmes, ou ne seront pas vécues de la même manière, que dans les barres d’immeubles des grands ensembles. Pourtant …

Observons le lotissement du Schalbach que la ville vient de jeter sur le marché. Une rue en fait le tour et, au nord-est, il est adossé au ruisseau. Il donne l’impression, comme une ville au moyen-âge, de se replier sur lui-même pour mieux se resserrer sous la protection du seigneur. Il n’y a plus de seigneur, hormis cette coupure que notre société met entre soi et autrui. Dit autrement, les lotissements, tels qu’ils sont conçus à Sarreguemines (et ailleurs souvent mais ce n’est pas notre problème), « dés-agrègent » la cité, c’est-à-dire la communauté. Ils aggravent le mouvement induit par l’évolution individualiste des comportements et mentalités. Les lotissements ne participent pas à la ville, ils sont dans ou à la périphérie de la ville. Pour les grands ensembles évoqués ci-dessus, on a fini par parler de ghettos …

Il n’empêche : chacun a son quant à soi, son petit nid. L’esthétique importe alors très peu, on bâtit ce que l’on a envie, ou les moyens de bâtir et, visiblement, personne ne s’occupe d’ordonner tout cela. On en arrive ainsi à des extrémités difficilement acceptables comme le lotissement du golf. Voilà un site qui était à l’abandon, parsemé d’eaux croupissantes. Il a été assaini et l’on y a installé un golf, des chemins de promenade. L’on semblait parti pour un aménagement intéressant. C’était compter sans le lotissement … qui a massacré ce qui avait été entamé. Le plateau pouvait être, il ne sera pas. Ou, à tout le moins, il devra faire avec cette verrue. Même sans demander à nos élus de visiter ce qui peut se faire ailleurs avant de lancer leurs incongruités (il y a de-ci, de-là, de remarquables exemples de « lotissement du golf »), l’on ne peut s’empêcher de penser que, là aussi, un minimum de bon sens aurait évité la catastrophe.

 

On ne peut pas s’interroger sur la façon de revitaliser la ville d’un côté, et ne pas se donner, de l’autre, tous les moyens de réussir cette entreprise en alimentant la propension individualiste : une politique de la ville doit se préoccuper de récréer le lien rompu, ou de renforcer le lien distendu, de préserver l’équilibre entre l’individuel et le collectif. La cité moderne a besoin d’espace, elle doit s’ouvrir, s’aérer, respirer, avoir un horizon avons-nous dit. C’est vrai aussi pour les lotissements qui doivent être intégrés, ou ré-intégrés, dans la ville. Pour cela, il faut

  • ne pas négliger les accès et les modalités techniques ou architecturales, au sens large, d’insertion dans la ville, au sens où il doit y avoir une continuité entre la ville et le lotissement ;
  • savoir réserver un espace public, un « lieu de vie » commune à l’intérieur du lotissement. Si l’on ajoute à cela que, pour éviter l’empilement de structures orientées librement, il faudra également dégager des surfaces, cela revient clairement à sacrifier l’intérêt immédiat d’une personne physique ou morale (le promoteur privé ou, lus rarement, public) au profit de l’intérêt socialisé à long terme de la collectivité. Ce dernier n’est pas chiffrable mais il est indiscutable.

Par ailleurs, pour l’habitat individuel comme pour le collectif, il nous semble important de conserver une cohérence architecturale. Nous ne parlons évidemment pas ici de clonage mais de parer aux extravagances esthétiques d’une part, à l’anarchie des styles qui accentue l’impression d’éclatement et d’absence de lien.

 

 

 

 

3 – La friche des Faïenceries : il va de soi que, si cela doit se faire, elle ne sera pas livrée au privé tant que la nouvelle municipalité n’en aura pas défini très précisément

  • ce qu’elle compte elle-même y réaliser ;
  • son utilisation générale.

Pour le premier terme, trois hypothèses peuvent d’ores et déjà être émises : l’extension du jardin du Casino le long de la Sarre ; la conservation des bâtiments en « dur » dont la qualité est suffisante pour leur transformation selon les objectifs fixés (par exemple : salles à vocation culturelle ou de convivialité – réunions, conférences –, installation de « start-up » – technologies avancées ou recherche – dans l’immeuble d’administration ; petit parc de stationnement.

Le second terme viendra en complément (et en harmonie) du (avec le) précédent le cas échéant complété. S’il est fait appel au privé, un cahier des charges impératif sera élaboré et, si des immeubles d’habitation sont décidés, ils devront

1.      répondre aux exigences définies par la municipalité en matière d’architecture, de spatialité (point 1 ci-dessus, « style local ») et d’environnement (point 2 d’ « Environnement-Urbanisme ») ;

2.      intégrer une part d’habitat social.

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