Le 23 décembre dernier, ayant inopinément besoin d’un article spécifique à Noël, que donc je pensais trouver au marché du même nom, je me rendais place Sibille sur le coup de 10h15 pour effectuer l’achat escompté. A ma grande surprise, je m’apercevais que tous les « chalets », sans exception, étaient clos. Quoique dépité, je décidais, ce qui est assez étonnant de ma part dans une démarche de ce genre, de réessayer l’après-midi. A 15h00 je revenais, faisais deux fois le tour du site, pour être sûr et pour me rendre finalement à l’évidence : il n’y avait pas de santons au Marché de Noël à Sarreguemines. Des vins chauds, des victuailles – appétissantes certes –, des bibelots et objets divers, dont je me demandais parfois, mais je dois avoir mauvais esprit, quel rapport ils pouvaient avoir avec le sujet … mais pas de santons. Et très peu de monde, malgré les vacances. Relation de cause à effet peut-être.
Je n’étais pourtant pas au bout de mes étonnements car le père Noël lui-même avait plié bagage, emmenant avec lui les animaux de la ferme qu’il avait parqués tout près de là et qui faisaient, avec lui, la joie des tous petits, et quelquefois des plus grands. J’ai beau ne plus croire depuis longtemps à ce conte, je me disais quand même qu’un marché de Noël sans le père et ses biquettes, cela ne collait pas. Il fallait néanmoins que je me rende à l’évidence : les emplacements étaient vides. D’ailleurs, cela m’était confirmé par le Républicain Lorrain du lendemain, lequel avait sur place réalisé une enquête au demeurant assez inquiétante car à la déception du public, elle ajoutait celle d’un artisan du sud-ouest, habitué du marché mais qui déclarait ne plus vouloir venir. Je crains qu’il ne fût pas le seul dans cet état d’esprit.
Le Marché de Noël est à Sarreguemines une forme d’institution et un rendez-vous attendu. Il a été excentré vers la place Sibille : je ne suis pas de ceux qui s’acharnent contre ce choix car cette place ne manque pas d’atouts à condition que ce dispositif s’intègre dans un plan d’ensemble dynamique incluant le centre historique, ce qui n’est visiblement pas le cas, ni pour la dynamique, ni pour le centre ; à condition également de ne pas s’endormir sur ses lauriers, de ne pas vivre sur l’acquis sans se remettre régulièrement en cause. Les marchés de l’espèce fleurissent désormais dans la quasi-totalité des villes de la région, Allemagne comprise, et commencent même à s’étendre à l’intérieur du territoire. Ils constituent par conséquent une concurrence directe devant laquelle les plus faibles, les moins imaginatifs, ou les plus paresseux intellectuellement, s’effaceront et disparaîtront. C’est ce qui attend le marché de Sarreguemines si des mesures ne sont pas prises, dès l’année prochaine, pour enrayer la chute. Ceux qui manqueraient à ce devoir prendraient une lourde responsabilité car, derrière eux, la pente serait rude à remonter.
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